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Le CEFA et A&O Shearman ont réuni hier soir un ensemble remarquable d’intervenants pour deux panels complémentaires :

Industrie & Stratégie avec Karl Hennesse (Airbus) et Laurent Collet-Billon (ex-DGA), modéré par Hubert Preschez (ODDO BHF),

puis Intelligence artificielle & Défense avec  François Bourrier-Soifer (Safran.AI), Antoine de Braquilanges (Helsing) et Dr. Joachim Peter (Brunswick), sous la conduite de Laurie-Anne Ancenys (A&O Shearman).

Les mots d’accueil de Julien Roux et Bertrand de Cordouë ont immédiatement posé le cadre : la défense n’est plus un sujet périphérique mais un levier stratégique pour les entreprises, au croisement de la souveraineté, des opérations de marché et de la transformation technologique. Drones, robotique, IA, consolidation industrielle, ouverture à de nouveaux acteurs privés tout converge vers un changement d’échelle.

Ce que la soirée a révélé :

Le premier panel a mis en lumière une réalité incontournable : la France et l’Allemagne évoluent désormais sur des trajectoires budgétaires très différentes, avec une montée en puissance allemande qui rebat les cartes des équilibres industriels. Les grands programmes (MGCS, SCAF) cristallisent à la fois les ambitions communes et les tensions structurelles, tandis que la question centrale demeure : sommes‑nous en train de développer les systèmes du futur ou de prolonger ceux du passé ?  

Les intervenants ont insisté sur l’accélération des cycles : les modèles de développement à dix ans ne sont plus compatibles avec un environnement où les drones en grand nombre, l’IA embarquée et les systèmes autonomes redéfinissent la supériorité opérationnelle. La France reste un exportateur majeur, mais l’équation économique et technologique évolue rapidement, sous la pression américaine et chinoise.  

Le second panel a montré combien l’IA devient un accélérateur stratégique, autant pour l’innovation que pour l’attractivité des capitaux et des talents. Les start‑ups bénéficient enfin d’un soutien plus affirmé, mais leur intégration dépendra de la capacité des industriels à s’ouvrir réellement. Le cadre réglementaire notamment l’IA Act apparaît encore mal ajusté aux exigences militaires, où la sécurité, la traçabilité et la robustesse sont impératives.

Quant aux talents IA, un mouvement de retour vers l’Europe s’amorce : il faudra désormais les ancrer durablement. Et pour convaincre les investisseurs, le dual‑use s’impose comme une condition quasi incontournable.

Une conclusion claire : La coopération franco‑allemande reste la pierre angulaire d’une défense européenne crédible. Mais elle devra s’appuyer sur des cycles plus rapides, une innovation plus ouverte et une vision commune des technologies de rupture.